top of page
Rechercher

Pourquoi mes séances confiance en soi sont (souvent) dénudées

  • Photo du rédacteur: Amandine Dirand
    Amandine Dirand
  • 27 juil.
  • 4 min de lecture

Il y a une question qui revient presque à chaque fois, parfois à voix haute, parfois seulement dans le regard : « Mais... pourquoi nue ? »


Je comprends. Le corps dénudé, dans notre culture, arrive rarement seul. Il arrive accompagné d'une intention supposée, d'un sous-entendu, d'un jugement déjà prêt. Alors je prends le temps de répondre, ici, tranquillement.


Pas pour montrer. Pas pour séduire. Pas pour provoquer.

Si je photographie des corps dénudés lors de mes séances confiance en soi, ce n'est pas pour exhiber. Ce n'est pas pour sexualiser. Ce n'est pas pour provoquer.

C'est pour normaliser.


Le corps d'une femme, quel qu'il soit, ne devrait pas être tabou. Il ne devrait pas être ouvert au jugement, à la comparaison, ni défini comme un objet sexuel. Il ne devrait pas avoir à se justifier d'exister sous une certaine forme, à un certain âge, après un certain nombre d'enfants, à un certain poids.


Et pourtant. On apprend très tôt à cacher, à rentrer le ventre, à choisir le maillot une pièce, à s'excuser d'une cellulite comme on s'excuserait d'une faute d'orthographe.


Un corps. Point.

Ce que je cherche, avec ces images, c'est de remettre le corps à sa place : celle d'un corps.


Pas un corps « à travailler ». Pas un corps « à assumer », ce verbe qui sous-entend déjà qu'il y aurait quelque chose à porter. Pas un corps « malgré ». Juste un corps.


Mettre en avant les corps pour qu'ils redeviennent des corps, simplement. Pour qu'ils ne suscitent plus de réaction particulière. Pour qu'un ventre rond, une poitrine asymétrique, des vergetures argentées ou une cicatrice de césarienne ne déclenchent ni gêne, ni pitié, ni admiration performative. Juste : ah, un corps.


Je crois profondément que plus on voit de corps réels, moins ils font réagir. Et moins ils font réagir, plus les femmes qui les habitent peuvent respirer.


Il n'existe aucun modèle. Aucune case à cocher.

L'autre sens que je donne à ces photographies, c'est celui-là : il n'existe aucune norme.


Aucun corps ne devrait avoir à rentrer dans une case, ni à en cocher une. Il n'y a pas de « bon » corps pour une séance photo intime. Pas de taille minimum, pas de taille maximum, pas d'âge idéal, pas de « j'attendrai d'avoir perdu cinq kilos ».


Cette phrase-là, je l'entends si souvent. Et à chaque fois j'ai envie de répondre doucement : et si tu venais maintenant ? Parce que la femme que tu es aujourd'hui mérite aussi d'exister en image. Elle ne mérite pas d'attendre une version future d'elle-même qui, souvent, repousse encore un peu plus l'échéance.


Dans mon studio en Bourgogne, entre Dijon et Beaune, je n'ai jamais photographié deux corps identiques. Pas une seule fois. C'est peut-être ça, la vraie information.


Libres de leur corps, de leurs choix, de leurs tenues

À ma petite échelle, avec mon appareil et ma lumière, je veux aider les femmes à se sentir libres. Libres de leur corps, de leurs choix, des tenues qu'elles portent, ou ne portent pas, sans être critiquées, accusées, rejetées.


Une séance confiance en soi, ce n'est pas une obligation de se dénuder. C'est une invitation à choisir. Certaines viennent en chemise blanche et repartent en chemise blanche. D'autres retirent tout dès la troisième série d'images, presque surprises elles-mêmes. D'autres encore commencent habillées, puis changent d'avis parce qu'il se passe quelque chose dans la pièce : la sensation, rare, de n'être ni regardée ni évaluée.


C'est ce climat-là que je passe le plus de temps à construire. La technique, la lumière, les poses : ça s'apprend. La confiance, elle, se dépose.


Pourquoi j'ai nommé cette séance de confiance en soi « Déesses » ?

J'ai volontairement nommé ces expériences photo Déesses.


Parce qu'elles représentent la beauté dans son intégralité. Parce que les déesses ne sont pas lisses : elles sont puissantes, entières, parfois colériques, parfois douces, toujours divines. Elles n'ont jamais eu besoin d'être conformes pour être vénérées.

Et parce qu'aucune d'entre elles ne se ressemble.


Le Projet Déesses rassemble trois expériences :

  • Artémis, pour la confiance en soi : celle dont je te parle ici, indépendante, libre, souveraine.

  • Gaïa, pour la grossesse en solo : le corps qui crée, qui s'étire, qui devient monde.

  • Héra, pour la rencontre entre une mère et son bébé : le lien, la transmission, les premiers jours.


Trois moments de vie, une même conviction : ton corps raconte quelque chose, et cette histoire mérite d'être photographiée plutôt que corrigée.


Ce que je souhaite, vraiment

Je ne prétends pas changer le regard du monde sur le corps des femmes. Je suis une photographe dans un village de Côte-d'Or, pas une révolution.


Mais je crois aux petites échelles. Je crois qu'une femme qui découvre ses images et se dit « c'est moi, ça », sans réflexe de repli, sans commentaire sur ses bras ou son ventre, porte quelque chose de différent en sortant du studio. Et que cette chose-là se transmet. À sa fille. À sa sœur. À son amie qui n'ose pas encore.


C'est toute l'intention derrière chaque séance photo femme que je réalise en Bourgogne : pas fabriquer une image plus belle que toi, mais te rendre la tienne.



 
 
 

Commentaires


bottom of page